Etape n°3: Le Slam

Bon, ok, à l’heure actuelle, on peut se dire « ouaih… Encore un… »
Mais à l’époque, Fabien n’avait pas encore sorti son album… Donc le grand public ne savait pas encore identifier le genre… Et ne l’avait pas encore catalogué…

A l’époque, je vivais dans le vieux Nice et bossais à Cagnes sur Mer (dans un endroit paradisiaque… Où le rythme de travail est digne du fonctionnariat… Sans une voiture à moins de 10 km… Avec des écureuils qui viennent nous manger des noisettes dans les mains tout les matins… le rêve quoi !) où je me rendais en train.

Le train, pour aller bosser, c’est coooool…
On peut y finir notre nuit (sous réserve de se réveiller à la bonne gare), on peut lire, et surtout… On peut écrire…
C’est parti de là…
Je passais chaque jour 2 heures dans le train, et c’était le moment préféré de ma journée. Le moment où je sortais mon stylo, mon carnet, avec du Trace Bundy dans les oreilles, et j’écrivais.

Pour en revenir à Pascal:

Je trouve donc son annonce de soirée Slam, j’appelle, il m’explique le délire, et j’me décide:
Allez, je vais partager mes textes !

Je me rend donc à la Cave Romagnan, sous le nom de scène Flying Jack (en référence à une chanson de Pep’s, que j’ai pu rencontré à cette période là d’ailleurs… Et qui est devenu un ami proche depuis) et là, surprise.
Je me retrouve dans un tout ptit bar, rempli de personnes de tout genre… Mais une chose me frappa:
Du haut de mes 24 ans, je devais avoir au moins 20 ans de mois que la personne la plus jeune du bar… Ca m’a fait tout drôle…

C’est tout timide que je pris le micro pour la première fois, et tout tremblant, les yeux quasi fermés (j’avais passé des heures à apprendre mon texte par coeur pensant que c’était « éliminatoire » de le lire… loool), je me suis mis à réciter mon tout premier slam, Voyages:

Tout vient à point à qui sait attendre, tout vient à point à qui cherche bien, mais à beau vouloir, rien ne vient… Tout vient à point à qui ne cherche rien ?
Je suis parti en haut de cette colline, surplombée d’un chêne centenaire, qui a, au travers des ages, protégé de son large feuillage l’intimité de jeunes couples enlacés.
Je me suis assis sur la balançoire, et j’ai cherché… cherché… cherché…
Cherché quoi ? Rien, justement, je vous le demande, cherché dans ma tête, celui qui attrape se fait prendre, cherché en moi, cherché au loin, cherché là-bas, cherché en vain.

Seule la curiosité vous mènera là où vous voulez que l’on vous porte.
L’ais-je pensé ou appliqué ? L’ais-je compris ou négligé ? Mais je cherche encore, sur cette balançoire, sous un ciel d’or.
Les pensées viennent une par une, cent par cent, mille par mille… Mais ne penses pas que tout contrôler est si facile… Finalement, heureux sont les imbéciles…

J’ai vu ce cheval venir vers moi, me regarder d’un oeil complice et amusé, et me dire:
« Pourquoi s’enchaîner à tes pensées ? Regarde-moi, je suis libre, et je ne cherche pas ! »
Alors dans ma tête, je me suis mis à courir, courir sans comprendre, juste cherché à fuir, fuir ces chaines de l’incompréhension, ce stéréotype de la pensée collective qui nous fait tous rentrer dans un moule, « Tu prends tes émotions et tu les refoules ! ».

J’ai mis un coup dans cette fourmilière et j’ai décidé de m’envoler, décidé d’avoir l’esprit rebelle, car mon âme a déjà des ailes, alors pourquoi ramper sur le sol, se bloquer à terre, tandis que dans notre monde, tout reste encore à faire…

Alors j’ai quitté ma balançoire, remercié le cheval solitaire, et je me suis envolé…
J’ai volé loin, j’ai volé longtemps, j’ai volé des heures, j’ai volé parmi les arbres, les oiseaux et les fleurs, j’ai volé au dessus des lacs, j’ai volé au dessus de la mer, j’ai volé au dessus de vous, j’ai volé au dessus de la Terre.

J’aimerai vous emmener dans le voyage de ma pensée, mais je ne peux que vous aider à mieux imaginer, le paysage qui est mien et qui sera votre, quidés par notre ami nommé l’Apôtre.

Fermez les yeux et laissez vous aller, imaginez le monde dont vous rêvez.
Dans le mien, le ciel tourne, les animaux parlent, les chauves sourient et les arbres poussent dans les marais, bienvenu dans le monde de ScHinZe.
Bienvenu dans un monde libre, un monde insensé, un monde de joie, ici pas de règles, ici pas de lois, ici j’expose mes textes, et ils sont pour toi.
Soyez libres dans vos têtes, mes paroles n’ont ni queues ni arrêtes, j’aime ce qui n’a aucun sens, dans mon monde, on vit comme on pense.
C’est un monde doux, un monde agité, ce monde est pour vous, c’est un monde de pensées.

Au début, c’est dur de les amener, puis il devient difficile de les contrôler.
Les pensées s’enchaînent, et je n’y peux rien, j’écris ce texte frénétiquement, et j’en ai mal à la main, car il faut aller vite si je veux tout sortir, chopper chaque idée avant qu’elle ne se tire…

Mais c’est trop, c’est allé trop loin, ma tête crie « Stop ! » et j’ai dit tout ça en vain.
J’ai voulu chercher, j’ai voulu comprendre, j’ai voulu écrire des mots que je ne fais qu’attendre…

Mais peut être que…

Tout vient à point à qui sait attendre, tout vient à point à qui cherche bien, mais à tout retourner, on ne contrôle plus rien… Tout vient à point à qui reste serein…

Silence complet.
Oula…
Et là, tout le monde se met à applaudir… La première fois que j’entendais des applaudissements qui m’étaient destinés…
D’ailleurs, j’me rapellerai toujours de Pascal disant, quand je lui ai rendu le micro:
« Vous allez voir, lui, un jour, on le verra chez Ardisson »

J’ai pas bien compris sur le moment…
Puis j’suis direct parti au bar, chercher mon verre gratuit.

Ah oui, au fait, le slam, c’est 3 règles simples:
– Pas de musique
– Pas d’accessoire
– Moins de 3 min

Mais bon, c’est pas toujours respecté non plus…

Et encore, ce n’est que la version simplifiée…
Les règles de la FFDSP sont assez complètes.

Ah oui, pour info, le slam est une discipline à part entière, et a sa propre fédération, la FFDSP:
Fédération Française De Slam Poésie.

Si je me rappelle bien, j’ai continué sur un texte « comique » (Ça aurait pu être pire) pour finir sur une impro, que j’ai écris sur place).

Voila pour ma première scène Slam, dont je ne me rappelle plus la date…

Plus ou moins à la même période, j’ai découvert les joies du studio.
Je ne sais plus comment, j’ai été repéré par Fifou, du Studio CALM, qui cherchait un guitariste de studio. Le taf est tout simple: Faire ce qu’on te dit de faire.
C’est cool, c’est simple… Si tant est qu’on sache jouer de la guitare et qu’on est pote avec le métronome… Autant vous dire que j’ai galéré ma race…
Mais finalement, on a réussi à enregistrer quelques ptits trucs… Que je n’ai pas pu entendre car je suis parti un peu précipitamment…. (cf fin du chapitre suivant).
Mais ce fut une étape très importante, qui m’a permis de découvrir les joies du studio… Et qui m’a permis de gagner du temps, des années plus tard…

Puis les textes se sont enchainés, encore et encore… Jusqu’à… La rencontre

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